L’ARTICLE DE GÜLTEKIN EMRE CONCERNANT MON LIVRE “KAMBUR”, PUBLIÉ DANS LE NUMERO D’AVRIL 2014 DE LA REVUE LITTERAIRE “VARLIK”

 

Le “Kambur” (Bossu) de Cüneyt Ayral ne prête pas à confusion avec le livre de même nom de Necati Tosuner, car il s’agit d’un recueil de poêmes. Cüneyt Ayral poursuit en silence la poésie d’une “révolte” anarchisante à travers ses sentiments et son vécu. Ses poêmes de ‘Şiir Mezarlıkları’ (Cimetières de poêmes) sont l’expression d’une autre “révolte”, celle de la confrontation de la poésie avec le reflet de la vie dans son miroir.Le “Journal de Konstantiniye” était publié pour attirer l’attention sur la Ville d’Istanbul en pleine dégénérescence et dissolution, en voie de “provincialisation” et en perte d’identité avec sa transformation en un immense terrain à bâtir. ‘İstanbul Şarkıları’ (Chansons d’Istanbul) constituaient une ode à Istanbul en voie de disparition. Une harmonie de la voix et de la musique dans ‘Opus 7, Birinci Nar senfonisi’ (Première Symphonie de la Grenade) entr’ouvrent la porte de la poésie. Les poêmes chargés de sentiments de ‘Lodos-Leandros-Lakhesis’ , puis l’ensemble de sa poésie avec ‘Mürekkep Kâat ve Sen – Şimdi Şiir Zamanı ‘ (Encre, papier et toi – C’est le temps de la poésie) surviennent en contemplation de soi. Ilhan Berk le qualifie de “travailleur souterrain de la poésie” et cela est vrai. En menant sa vie dans la nostalgie des siens en silence et dans les contrées lointaines, où le pays et les êtres aimés sont toujours présents dans ses pensées, il accumule des poêmes en son for intérieur. Les vers et les images forment une bosse, sous la forme d’une charge difficile à supporter. Il fait le choix de vivre en France, ne supportant plus la répression, les atteintes aux droits et aux libertés dans notre pays. ‘Kambur’ est composé de quatres parties: “40 Yıl Sonra” (40 ans après), “İklil’e Şiirler”(Poêmes à Iklil), “Aşkın Özel Tarihi”(Histoire privée de l’amour)  et “Kambur”(Bossu).  Dans ce recueil publié 40 ans après l’édition de son premier livre, Cüneyt Ayral cherche refuge dans la magie des mots. Le poête salue ainsi ses lecteurs avec de nouveaux poêmes qui expriment la révolte et la contestation, avec une bonne dose de sentiments bien distillés, et structurés sur la base d’une philosophie et des observation solides. Les vers sont composés de demi-strophes courtes et poignantes : “La marque/ Ta marque!∕ Telle l’empreinte/ Du fer incandescent/ Sur ma joue”. Il poursuit l’empreinte du temps dans le triangle de l’amour, de la vie et de la mort: “Quand /Tu cherches refuge/Dans la vie/ L’amour/ Devient souffrance!”. Certaines expressions évoquent des aphorismes: “Ma gourde est pleine d’eau/Mais le désert/ Est immense et sans fin”. Tout concerne la vie sans oublier le passé pour autant: “Je dois écrire une telle chose/ Que tout doit résider dans ce texte/ Et par mon écriture/ Le temps doit revenir en arrière”. Kambur est un recueil de courts poêmes, de vers disséminés par ci et par là sans trop s’éloigner les uns des autres. “A chaque page /Des cahiers/ La vie se dresse/ Juste en face/ Comme si/ Elle prend un nouveau départ” .Dans le poême écrit “Pour Hrant Dink”, il est possible de retrouver l’empreinte de l’Histoire de Turquie. Le recueil est parsemé de références inoubliables à l’écrivain Sabahattin Ali, à Deniz Gezmiş et ses camarades, à Süleyman Demirel, premier ministre de l’époque, aux victimes des massacres de Reyhanlı, à celles et ceux de Gezi Park “asphyxiés par le gaz” à Taksim – Istanbul. L’état du pays est décrit dans ces vers : “Rafales de balles dans les rues/ Agression dans les avenues/ Les routes souillées….” et “ Les gens tués sous les coups de matraques de la police”. Le poême final de Kambur,“İlle Memleketim”(Mon pays coûte que coûte) exprime le désarroi, la tristesse et la contrariété de l’éloignement du pays: “La route est longue/Le temps est court/ Des tâches de sang/ Sur la peinture blanche des maisons/ Les larmes font déborder/ La mer bleue”. Les lendemains sont lointains, et le pays encore plus loin. La douleur d’observer, d’un pays étranger, la pitoyable situation dans laquelle notre pays est entrainé! Kambur, la preuve de la maitrise de l’art.

Traduit par Salih Bozok

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