Un “BOSSU” CHASSEUR DE SOI-MÊME

 

 

 

Un “BOSSU” CHASSEUR DE SOI-MÊME

 

V.B.Bayrıl

 

 

Dans son recueil de poêmes “Kambur” (Bossu), Cüneyt Ayral dépose sur papier la charge de poésie qu’il porte sur le dos. Avec une exquise et élégante révérence.

Il s’agit d’un ouvrier souterrain de la poésie, qui écrit des poêmes depuis 40 ans. Le texte intitulé “40 ans après”, qui se lit comme la préface du livre, nous rappelle et nous conte les principales étapes de ce voyage.

Sauf erreur de ma part, j’ai fait la connaissance de Cüneyt Ayral dans les années 90, chez Hilmi Yavuz. Il demandait l’avis de l’éminent professeur sur le roman qu’il était en train d’écrire.

Jusque là, je n’avais connu que trois personnes qui portaient des noeuds-papillons dans leur vie courante. Doğan Hızlan, Celal Şengör et Cüneyt Ayral. Et le plus jeune était Cüneyt…

Il s’intéresse à plein de choses et il est fin connaisseur. Il a également un cercle très large de connaissances. Il a le mérite d’être l’initiateur du concept de “sous-vêtements” dans la langue turque, au fil des ans. C’est un esthète qui commercialise des sous-vêtements féminins…..Cela forme un binôme fort attrayant.

Fétiche, passion, sexualité, littérature, cuisine, femme, société, monde artistique, photographie, peinture, écriture, pays, villes, livres, exposition…..C’est ce que suggère le fait d’évoquer Cüneyt Ayral. Un caractère qui pourrait dire : “ma vie est un roman”…..si quelqu’un se donnait la peine de l’écrire.

“Kambur” est le premier receuil de poésie de Cüneyt Ayral que j’ai lu. Ce que j’en pense? Ce n’est pas mal du tout. Cüneyt Ayral écrit des poêmes au moins du niveau d’Enis Batur. Il a lu des poêmes. Il a des connaissances. Son utilisation de la langue turque est limpide. Il a le goût de composer des vers tels que “ Le temps s’effondra/ En morceaux épars/ Comme de l’argent fondu/ Noir et blanc”, assez abstraits mais évoquant la peinture moderne.

Les poêmes de “Kambur” sont receuillis en trois parties : Poêmes à Iklil, Histoire privée de l’amour et Kambur qui donne le nom au recueil.

La première partie de “Kambur” comporte des témoignages éclatants, des fragments de vie d’un amour vécu, à l’exemple de l’amour d’Aragon pour Elsa:

Je sors d’un nouvel amour tel un apprenti…..

Je dis au temps de s’arrêter, mais il ne m’écoute guère,

Tant souffle fort le vent

 

Dans “Kambur” nous voyons en grande partie des poêmes qui suscitent une sensation d’instantanéité, probablement due à la familiarité de l’auteur avec l’art photographique, et qui laissent par moment un certain goût de haïku, avec une voix mature.

Cela fut soudain

(Ce qui put advenir!)

Je n’entendis pas la voix de l’affrontement

Tant les mots étaient incisifs.

Le téléphone sonna

Ce fut le début…..

 

Les vers suivants nous révèlent un autre exemple de haïku et de l’estéthique instantanée de la photographie se traduisant dans l’expression verbale:

Au fur et au mesure du Silence

La Voix

Cria

Même les bruissements des feuilles d’automne

Se turent

Face à ce cri.

Assistons-nous à un changement de saison?

 

“Kambur” se compose essentiellement des poêmes d’amour qui forment l’ossature du recueil. Les poêmes d’amour du poête aux femmes aimées, à celle qu’il aime, dévoilent à mes yeux un aspect de Cüneyt Ayral que je ne connaissais pas beaucoup: le lyrisme.

Oui, une vision lyrique,une expression lyrique et une manière lyrique de sentir de Cüneyt Ayral auxquelles je m’attendais si peu dans ces poêmes qui sont autant de douleurs de coeur, plus qu’une douleur dorsale.

Comme je l’ai précisé, Cüneyt Ayral connait la poésie turque. Il l’a lue et cela est parfois visible dans certaines références de “Kambur”:

 

Maintenant

C’est l’heure des adieux.

Voyons

Combien de temps durera

La douleur de l’amour

Au

61è siècle.

 

A part cette référence visible à Nazim Hikmet, le recueil est tapissé d’autres renvois, pour ceux qui les comprennent et les voient. “Kambur” est un livre orné de finesses et de bon goût. Il mérite d’être lu, pour suivre les pas d’un esthète dans sa vision lyrique de l’Amour et de la femme.

 

Traduit par Salih Bozok

 

 

 

 

 

 

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