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MES RÉPONSES AUX QUESTIONS DE NEDİM GÜRSEL

 

Nedim Gürsel : Dans la préface à Kambur, tu poses la question de “ta révolte”. La poésie en soi n’est-elle pas une forme de révolte?

Cüneyt Ayral: Comme je l’ai affirmé dans différents lieux et à multiples reprises, la poésie constitue pour moi un mode de vie. Je peux acquiescer à tes dires, car ,au fond, j’ai l’âme “anarchiste”. Cependant, quand j’ai publié en 1974 mon recueil de poêmes “Başkaldırma” (Révolte), j’étais un jeune homme de 20 ans, il m’était arrivé plein de choses en dépit de mon jeune âge et j’éprouvais un sentiment de peur. A l’époque, je n’avais pas la conscience du fait que la peur en soi est un produit de soi-même et je ne connaissais pas l’état de “sans peur”. Etais-je en état de révolte contre le départ de ma bien aimée, contre les restrictions à mes libertés infligées par le pouvoir politique ou contre le non versement de mes cotisations d’assurances sociales par l’établissement public qui m’employait? C’est pour dire que mes sentiments étaient confus. Le livre a été publié à une époque où je ne savais pas qu’il fallait faire du chemin pour prendre conscience des choses. A l’heure actuelle où Kambur rencontre ses lecteurs, je suis beaucoup plus serein, et je fais la part des choses, et ma révolte poétique se transforme en “discours”. Je peux donc affirmer que je me trouve à une croisée de chemins où je choisis un état de révolte axée sur l’amour d’autrui, plus qu’une ire passionnelle inhérente à la révolte.

N.G.: Tu considères le poême comme un objet que tu portes en toi, et qui doit absolument se détacher de ton esprit pour acquérir son autonomie… Peux-tu expliquer?

C.A.: Tu manges quand tu as faim, et tu exprimes ta colère en criant ou en pleurant de tristesse…. Il s’agit des modes d’existences de l’homme. Comme la poésie est mon mode de vivre, je veux écrire, et que cela se détache de moi. S’il s’agit d’un cri, ou d’une plainte, il faut que cela soit entendu…

N.G.: Tu as 40 années de littérature et de journalisme derrière toi. Que peux-tu dire, en regardant en arrière, et avant de faire du chemin au delà de ces 40 années?

C.A. Nous avions célébré ma 40e année dans la littérature en 2009, à l’occasion d’une exposition de poésie et de photo à Istanbul, c’est à dire avec les photos de Gültekin Çizgen et mes pôemes. Cela fait maintenant 45 ans. Je pense que dans le domaine du journalisme, cela fait 47 ans déjà. Il faudra pour m’en assurer, que je consulte mes archives lointaines et trouver la date de publication de ma première info… Ce que j’ai réalisé de plus important en matière de journalisme, c’est d’avoir publié le journal “Kostantıniyye Haberleri” pendant 5 années. Tu as contribué toi-même à cette publication, en même temps que nombre d’écrivains chevronnés et de littéraires qui ne sont plus de ce monde actuellement. J’ai la conviction d’avoir été aux avant-postes d’une activité collective de grande importance pour Istanbul.

Quant au domaine littéraire, j’ai publié 18 livres, avec Kambur, mais ma voix n’a pas été assez entendue. J’estime que je n’ai pas suffisamment rencontré de lecteurs. Bien sûr, il n’y a plus beaucoup de différences, de nos jours, entre vendre des livres ou vendre des citrons par exemple. On connait les chiffres de ventes des revues littéraires. On sait aussi le nombre de critiques littéraires en Turquie capables de vous mettre plus bas que terre. D’autre part, les gens ne sont pas tellement d’humeur à lire des romans ou des poêmes, dans ce climat politique…. Je pense avoir devant moi, encore 10 ou 15 années à écrire. Autant regarder de l’avant, plutôt que de regarder en arrière..Telle est ma pensée.

N.G.: “Kambur” utilise un langage différent du recueil “Chants d’Istanbul”. Ce nouveau langage peut-il être interprété comme le précurseur d’une nouvelle conception, par rapport au passé?

C.A.: Non, ce n’est pas le précurseur d’un nouveau langage! J’utilise trois langages différents en poésie. Tu peux retrouver dans le recueil “Mürekkep Kâat ve Sen” (Encre, papier et toi) le même langage que “Kambur”. Les “Chants d’Istanbul” constituent un essai en soi, et je disais, il y a quelques jours à peine, à ma chère Iklil, en marchant avec elle dans la rue, que je voulais essayer la même chose avec Paris. Il y a également un langage “narratif” utilisé dans ma poésie à contenu politique… Je ne crois pas que ma poésie soit marquée par des différences de conception très profondes et discriminantes. Si c’était le cas, cela signifierait des changements dans mon mode de vie…..

N.G.: “Kambur” comporte des poêmes courts. Je me rappelle qu’auparavant, tu écrivais également des poêmes narratifs. Une concentration, un désir d’aller à l’essentiel seraient-ils à l’origine de ce raccourcissement?

C.A.: Mes poêmes sont généralement courts et concentrés. Tu verras dans mes romans également, que je n’aime pas les longs discours. Dans mes poêmes, je cherche d’une manière générale, à créer une communion d’esprit avec le lecteur, en utilisant des vers fragmentés et chargés de sens, et j’attends que le lecteur sensible à ma poésie interprète à sa façon les mêmes vers en les adaptant à son propre mode d’existence. Ce que tu appelles “narration”, c’est le recueil des “Chants d’Istanbul” et il s’agit d’un essai à part. J’ai également écrit quelques poêmes spécifiques dans le même genre, mais ils ne sont pas déterminants…

N.G.: L’amour constitue le fil conducteur de ton dernier recueil. Les sentiments semblent se mettre au premier plan, tandis que l’érotisme est en retrait. Pourquoi?

C.A.: La femme et l’amour constituent généralement le fil conducteur de ma poésie, parce que je crois depuis toujours, que les amours me permettent d’exister. Le rôle déterminant de cet élément dans ma vie est extrèmement profond. Dans mes romans, il m’arrive d’utiliser l’érotisme au niveau “pornographique”, et cela me procure un plaisir particulier, car j’aime “beaucoup” dire ce que l’on rechigne à dire en général. J’ai toujours été hanté par un certain sentiment que la poésie devait rester “intouchable”, un sentiment peut-être lié au soucis de préserver la poésie “du mal”(!). J’aime bien écouter les poêmes acérés de Küçük Iskender, surtout quand illes récite lui-même. L’érotisme de mon maître Ilhan Berk m’a mis en émoi et influencé, au point de m’inciter à tenter des essais. Etant de ceux qui manifestent leur amour au “toucher”, dans leur vie quotidienne, je n’ai peut-pas encore écrit de poêmes plus “enragés”….Comme je le dis depuis le début, c’est le mode de vie, et on ne peut savoir d’avance ce que l’avenir nous réserve.

N.G.: Dans un environnement dominé par le roman, quel est le sens de la persistance en poésie, de continuer d’écrire des poêmes ?

C.A.: J’écris aussi des romans, et je pense que tu aimeras quand tu liras celui que je suis en train d’écrire…La poésie est notre art traditionnel, je la porte et la sens en mon for intérieur, et j’écris des poêmes quand cela déborde de moi. Je ne travaille pas sur des poêmes comme je le fais pour un roman ou un texte sur un sujet quelconque. Le poême déborde, et se repose ensuite dans un coin, pour retrouver son élan et s’achever. C’est différent des romans ou des livres de cuisine que j’écris, et pour lesquels j’use de mon temps de travail… Je ne continue pas d’écrire des poêmes, mais vis avec la poésie ou comme la poésie..

N.G.: Dans ces poêmes, il y a quelques références à Paris. Je veux demander à Cüneyt Ayral, auteur des “Notes de Paris”, comment cette ville l’a influencé?

C.A.: Pour le moment, Paris et Karaburun, bourgade d’Izmir, constituent les deux seuls endroits au monde où je puisse écrire en toute quiétude. Il fut un temps où j’ai écrit des poêmes à Ankara, à Istanbul, à Weymouth en Angleterre, et même dans le vacarme de Hong Kong. Mon premier roman, je n’ai pu le rédiger qu’à Paris. C’est la raison pour laquelle l’appartement du n°48 de la Rue Turbigo à Paris où j’habitais fait partie des lieux déterminants dans ma vie d’écrivain. Je ressens la même passion et la même quiétude dans l’écriture chez un ami à Karaburun. Paris est une ville à part entière qui “fait écrire”. Rien qu’à voir le nombre de plaques apposées sur les immeubles, on s’aperçoit du grand nombre d’écrivains étrangers ayant vécu et écrit à Paris. Serait-il judicieux de qualifier cette ville de “magique”? Ma relation à Paris remonte à plus de 35 ans. Si, à chacune de mes ballades en ville je me sens en émoi, et aperçois quelque chose de nouveau, si la perception d’une quelconque nouveauté me permet de composer quelques nouvelles phrases…. Je suis en train d’écrire un nouveau livre, mais je n’ai pas encore trouvé de titre. J’écris “les Rues de Paris”, avec l’espoir d’y trouver une réponse précise à cette question.

N.G.: Le poême dédié à Hrant Dink se distingue particulièrement des autres poêmes du recueil. Tu te réfères à la vie politique actuelle. Qu’est-ce que cela ajoute à tes poêmes d’amour sentimentaux et sensuels?

C.A.: Dans ton dernier roman intitulé “Yüzbaşının Oğlu”, tout en faisant l’amour avec la mère de ton camarade de classe, tu attaques sans pitié le premier ministre que tu regardes à la télé. La réponse à ta question réside à mon avis, dans ton roman…

 

Traduit par Salih Bozok

Edité par Beverly Barbey

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L’ARTICLE DE GÜLTEKIN EMRE CONCERNANT MON LIVRE “KAMBUR”, PUBLIÉ DANS LE NUMERO D’AVRIL 2014 DE LA REVUE LITTERAIRE “VARLIK”

 

Le “Kambur” (Bossu) de Cüneyt Ayral ne prête pas à confusion avec le livre de même nom de Necati Tosuner, car il s’agit d’un recueil de poêmes. Cüneyt Ayral poursuit en silence la poésie d’une “révolte” anarchisante à travers ses sentiments et son vécu. Ses poêmes de ‘Şiir Mezarlıkları’ (Cimetières de poêmes) sont l’expression d’une autre “révolte”, celle de la confrontation de la poésie avec le reflet de la vie dans son miroir.Le “Journal de Konstantiniye” était publié pour attirer l’attention sur la Ville d’Istanbul en pleine dégénérescence et dissolution, en voie de “provincialisation” et en perte d’identité avec sa transformation en un immense terrain à bâtir. ‘İstanbul Şarkıları’ (Chansons d’Istanbul) constituaient une ode à Istanbul en voie de disparition. Une harmonie de la voix et de la musique dans ‘Opus 7, Birinci Nar senfonisi’ (Première Symphonie de la Grenade) entr’ouvrent la porte de la poésie. Les poêmes chargés de sentiments de ‘Lodos-Leandros-Lakhesis’ , puis l’ensemble de sa poésie avec ‘Mürekkep Kâat ve Sen – Şimdi Şiir Zamanı ‘ (Encre, papier et toi – C’est le temps de la poésie) surviennent en contemplation de soi. Ilhan Berk le qualifie de “travailleur souterrain de la poésie” et cela est vrai. En menant sa vie dans la nostalgie des siens en silence et dans les contrées lointaines, où le pays et les êtres aimés sont toujours présents dans ses pensées, il accumule des poêmes en son for intérieur. Les vers et les images forment une bosse, sous la forme d’une charge difficile à supporter. Il fait le choix de vivre en France, ne supportant plus la répression, les atteintes aux droits et aux libertés dans notre pays. ‘Kambur’ est composé de quatres parties: “40 Yıl Sonra” (40 ans après), “İklil’e Şiirler”(Poêmes à Iklil), “Aşkın Özel Tarihi”(Histoire privée de l’amour)  et “Kambur”(Bossu).  Dans ce recueil publié 40 ans après l’édition de son premier livre, Cüneyt Ayral cherche refuge dans la magie des mots. Le poête salue ainsi ses lecteurs avec de nouveaux poêmes qui expriment la révolte et la contestation, avec une bonne dose de sentiments bien distillés, et structurés sur la base d’une philosophie et des observation solides. Les vers sont composés de demi-strophes courtes et poignantes : “La marque/ Ta marque!∕ Telle l’empreinte/ Du fer incandescent/ Sur ma joue”. Il poursuit l’empreinte du temps dans le triangle de l’amour, de la vie et de la mort: “Quand /Tu cherches refuge/Dans la vie/ L’amour/ Devient souffrance!”. Certaines expressions évoquent des aphorismes: “Ma gourde est pleine d’eau/Mais le désert/ Est immense et sans fin”. Tout concerne la vie sans oublier le passé pour autant: “Je dois écrire une telle chose/ Que tout doit résider dans ce texte/ Et par mon écriture/ Le temps doit revenir en arrière”. Kambur est un recueil de courts poêmes, de vers disséminés par ci et par là sans trop s’éloigner les uns des autres. “A chaque page /Des cahiers/ La vie se dresse/ Juste en face/ Comme si/ Elle prend un nouveau départ” .Dans le poême écrit “Pour Hrant Dink”, il est possible de retrouver l’empreinte de l’Histoire de Turquie. Le recueil est parsemé de références inoubliables à l’écrivain Sabahattin Ali, à Deniz Gezmiş et ses camarades, à Süleyman Demirel, premier ministre de l’époque, aux victimes des massacres de Reyhanlı, à celles et ceux de Gezi Park “asphyxiés par le gaz” à Taksim – Istanbul. L’état du pays est décrit dans ces vers : “Rafales de balles dans les rues/ Agression dans les avenues/ Les routes souillées….” et “ Les gens tués sous les coups de matraques de la police”. Le poême final de Kambur,“İlle Memleketim”(Mon pays coûte que coûte) exprime le désarroi, la tristesse et la contrariété de l’éloignement du pays: “La route est longue/Le temps est court/ Des tâches de sang/ Sur la peinture blanche des maisons/ Les larmes font déborder/ La mer bleue”. Les lendemains sont lointains, et le pays encore plus loin. La douleur d’observer, d’un pays étranger, la pitoyable situation dans laquelle notre pays est entrainé! Kambur, la preuve de la maitrise de l’art.

Traduit par Salih Bozok

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GÜLTEKİN EMRE’NİN NİSAN 2014 VARLIK DERGİSİNDE “KAMBUR” KİTABIM İLE İLGİLİ YAZDIĞI YAZI

Salı. –  Cüneyt Ayral’ın Kambur’u (Oğlak 2014) Necati Tosuner’inkinden farklı; şiirlerden oluşuyor çünkü. Duygularındaki, yaşamındaki anarşistçe bir “Başkaldırma”nın şiirini sessizce sürdürüyor Cüneyt Ayral. Şiir Mezarlıkları’ da yer alan şiirleri başka bir “başkaldırma”nın dışa vurumudur; şiirin aynasındaki hayatla yüzleşmenin şiirleri. Kostantiniye Haberleri Gazetesi dağılıp çözülen, giderek yozlaşan, taşralaşan, özgünlüğünü yitirmeye başlayan, her yerinin inşaat alanına dönüştürüldüğü İstanbul’a dikkat çekmek için çıkmıştı. İstanbul Şarkıları’nda yer alan şiirler de yokolmaya başlayan İstanbul’a yakılan uzun bir ağıttı. Opus 7, Birinci Nar senfonisi, sesle müzik harmonisi şiirin kapısını aralar.  Lodos-Leandros-Lakhesis’teki duyarlı şiirler. Sonra tüm şiirleri: Mürekkep Kâat ve Sen – Şimdi Şiir Zamanı çıkagelir kendine dönüp bakarak. İlhan Berk, onun için, “şiirin yeraltı işçisi” diyor ya, öyle. Sessiz ama uzun uzaklarda ülkesini ve sevdiklerini düşünerek, özleyerek yaşarken, içinde de şiirler birikir ve dayanılmaz, ağır bir yük haline gelen kamburu oluşturur dizeler, imgeler.  Ülkemizdeki siyasal baskıya, adaletsizliğe, hukuksuzluğa…  dayanamaz Fransa’da yaşamayı seçer. Kambur, dört bölüm : “40 Yıl Sonra”, “İklil’e Şiirler”, “Aşkın Özel Tarihi”  ve “Kambur”.  İlk kitabından 40 yıl sonra yayımlanan Kambur’da Cüneyt Ayral, “Sözcüklerin tılsımına” sığınır. Sezdirmeli, felsefesini iyi oluşturmuş, hayatı iyi gözlemlemiş, duygularını iyi damıtmış, başkaldırıyı, diklenmeyi elden bırakmamış şiirlerle yeniden merhaba diyor şiir okurlarına.  Kısa, vurucu, yarım dizelerden oluşuyor şiirler: “yanağımda / kızgın demirin / dağlaması // gibiydi dokunduğun / iz kaldı, / izin!” Yaşam, aşk ve ölüm üçgenindeki zamanın izini sürüyor: “yaşama / sürgün / ettin mi / kendini / aşk / acıya sarıyordur!” Yer yer aforizmamsı deyişlere de rastlanıyor: “Mataramda su var / ama çöl / Uçsuz bucaksız” Her şey hayata dairdir ama geçmiş de unutulmuyor: “Öyle bir şey yazmalıyım ki / her şey o yazıda durmalı / ve hatta yazdığımla / yaşam geriye sarmalı.” Oraya buraya yazılmış birbirlerine uzak düşmeyen dizeler, kısacık şiirler toplamı, Kambur. “Her yeni sayfasında / Defterlerin / Yeniden başlayacakmış gibi / Duruyor yaşam / Tam karşımda. “ “Hrant Dink için” yazdığı şiirde kısa Türkiye tarihinin izini sürmek olası. Sabahattin Ali’ye, Deniz Gezmiş’lere,  dönemin başbakanı Süleyman Demirel’e, Reyhanlı’da öldürülenlere, Gezi Parkı’nda “gaza boğulan”lara… göndermeler unutulacak gibi değil. Ülkemizin hali “Sokaklarda kurşun, / Caddelerde saldırı, / Yollar kirlenmiş…” Ve polis copuyla öldürülenler… Kambur’un son şiiri: “İlle Memleketim”. Ülkeden ayrı yaşamak zorunda kalmanın üzüntüsünün, kırgınlığının, sıkıntısının dizelere yansıması: “Yol uzun / Vakit ise dar, / Her beyaz evin kirecinde / Kan izleri… Deniz mavi / Göz yaşlarıyla taşmış,” Yarın uzak, ülke daha da uzak. Başka bir ülkeden ülkemizin düşürüldüğü utanılası durumları izlemek, ne acı! Ustalığın kanıtı, Kambur.

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ŞİİR

Nasırlı kadın ellerinin değdiği
kekiklerden ezdim çorbama.
ana elinin okşadığı
yanakların evladını
toprağa verdiler,
polis copuyla öldürülmüş
tekme tokat!
Ve “iyiki ölmüşüm”
demiştir annelerin bazıları…

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ŞİİR

Israrlı sabrımızla dinledik

Dalga seslerini

Yüksek ve kalın duvarlarlarının ardından

Sinop’ta.

 

Ölümlerine dimdik durduk

Denizlerin.

 

“Ne etseydi? Beslese miydik?”

diyenlere direndik.

 

Sonra,

Diyarbakır düştü!

Ve para…

 

Yoksulluğu diz boyu yaş/adık/ıyoruz.

 

Vurulduğumuz meydanlardan vaz geçmedik.

 

Uludere’de pilotsuz teyyarelere hedef olduk, Reyhanlı’da

Yeniden vurulduk..

 

Gezi Parkı’nda hemşehri olduk

Gaza boğulduk.

 

Barış dediler inandık, sustuk,

 

VURULDUK !

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An Artical About CÜNEYT AYRAL Published at Yenigün Newspaper (İzmir -Turkey) at 29th July 2011

http://www.gazeteyenigun.com.tr/koseyazilari/21183/hayatla-nasil-dalga-gecilir!

By TUFAN AKSOY

(1947 – 2012)

Cüneyt Ayral, popular ex-boss in the Istanbul underwear industry, once sold bras in an open-air market in Marseille, calling out “bonnets for the twins” ! This was after he left for France in order to escape from his creditors. It would be difficult to find another person in the whole world who can tease and juggle with life to such an extent. Just have a look at the exploits of this exceptional being, ever true to form; Cüneyt Ayral, poet, writer, journalist ….

Did he come from space, arriving from a country unknown until now, or from the planet Krypton? Nobody can answer these questions, becuse he is so different from other people. He has mocked life during his whole existence until the present, and, in spite of his setbacks, his failures, his bankruptcies, he has never stopped smiling. Nobody has ever seen him sulking or grumpy even when he was faced with disaster and distress…. His name is Cüneyt Ayral… and he continues to astonish all those who know him with his incredible resilience towards life.

He has never been afraid of anything or anybody, with just one exception… His fear of death led him to become a poet, a writer and a publisher of books. Having reached his goal, he now says that he will live on in his books and his poems when he is no longer physically present. He believes that he will survive for posterity in his works.

You could have come across Cüneyt Ayral, big businessman, in Istanbul. It was he who invented the Turkish term “içgiyim” (underwear) to describe women’s lingerie, and he was the county’s representative for  women’s favourite brands,  Warners and Gabriel Veneto. As he himself says, his firm went bankrupt, mainly because  Turkish people are not used to the  “concept of association”. Every year he organised fashion shows, presenting ladies’ lingerie in the most prestigious Istanbul venues, and  overwhelmed Turkish high society with the lingerie from abroad which the models displayed. …His activities made the headlines of the most important newspapers… He was the tops…

Those who saw Cüneyt in a provincial street-market near Marseille, selling his bras, shouting out in Turkish “Bonnets for the twins”, must have been very surprised. But this was Cüneyt… He knows how to make a living whatever may happen, even if he has to move mountains. He sells bras, pants, suspender belts,  but when he arrives home, he lights a cigarette, as he has done for forty-seven years, that is to say since he was ten years old. He is back in his own world.

When he gave me two of his latest books, I began to understand what sort of stories inhabited his creative spirit. I watched him gently sipping mouthfuls from his glass of “raki” (too dilute and rather too light for my taste), which he himself called “raki for girls”

“Gümüs Gölge” (“Silver Shadow”) is the story of a travestite. The young Deniz, who was abandoned by his father has run away from his uncle’s  guardianship which he felt to be a constraint, and ends up in Paris where he meets up with Cüneyt Ayral. His adventures, which he recounts during the long nights spent with many cigarettes and a little raki, come to life through Cüneyt’s pen.

The other book, entitled “Mimiti” is a science fiction novel with a theme of interplanetary love.  This may please those readers who are fans of  “conceptual elements”, but for my part I have never been able to become involved with science fiction. It is a field into which Cüneyt made a rapid incursion after meeting, in Sri Lanka, one of the masters of the genre, Sir Arthur C.Clarke,  who introduced him to its subtilities. Clarke wrote the novel from which Stanley Kubrick made the film “2001 Space Odyssey”. In this case, a chance meeting was very profitable for Cüneyt, who enjoys teasing life….

We talked  about Sri Lanka… Cüneyt took his entrepreneurial initiative to this mysterious Island, just south of India, in order to set up a big lingerie factory and thus rise to the top place in this, just as he had done in Turkey. The desire to reach the top is in his genes. When he became bankrupt in Turkey, the managing director of the newspaper “Hürriyet”, Nezih Demirkent, came to his rescue by helping him to emigrate to France while clearing all his various debts. In the last few years, a businessman from Denizli, Ahmet Gökşin, has brought Cüneyt’s problems to an end by negotiating with the banks thus terminating abusive contracts, and allowing him to return to Turkey and continue to make fun of life.

Cüneyt Ayral, the specialist in ladies underwear, could not, however, distance himself from writing. Thus, while working for the ladies and their lingerie, he was, at the same time, publishing a newspaper, under the title of “Kostantıniyye Haberleri” (Constantinople News). I myself was a member of the editorial board. We used to work all through the night in order for the paper to come out the next morning. Cüneyt Ayral had a fabulous collection of personal archives which furnished us with a database of documents, photos and articles about Istanbul. Later, after an anonymous denunciation, the word “Kostantıniyye” was judged to be inappropriate, and the title was banned by law. We were flabbergasted, we could not understand what was happening to the country. We continued to publish the newspaper under the title “Our City”. The court’s decision was even less understandable when one considers that coins from the period of Mehmet the Conqueror bore the inscription “Darb-i Kostantıniyye” (Minted in Constantinople). Somebody obviously wanted to pull a fast one on Cüneyt… But he, with that smile which never leaves his face, continues to make fun of life.. He is on form.

His daughter Roxane and his son Sinan live in France. Roxane, who is twenty-six, is a curator. She organises exhibitions. Artists do not always know how to hang their paintings or photos  or place their sculptures to their best advantage, and they find this worrying. So it becomes the job for the curator. All exhibitions in Istanbul are the work of curators. Sinan, who is twenty, is the image of his father. He takes life in Paris as it comes, improvising music and writing scenarios. He was Cüneyt’s assistant when he was selling underwear in the street markets.

Cüneyt Ayral, popular  boss of yesterday, and author of seventeen books is at present working on a cookery book, telling of his culinary experiences. Some wonderful photos and recipes from ten famous cordon-bleus will be included in it. When he was last in Izmir, he wanted to eat in a small restaurant. We sat  down at a table in the “Aci Biber” , (Hot Pepper) restaurant, in a street by the Hilton hotel. He order stuffed peppers with olive oil. What else could one eat for lunch in Izmir? Food cooked in olive oil of course. He found his peppers delicious. Who knows, maybe he will mention them in his book… After all, that’s Cüneyt….

Discussions, chats with him, friendship… It’s fabulous. An ocean of knowledge, a well grounded culture and heaps of jokes. I’m glad we have been “brothers” for so many years.

                                                                        Translation Beverly Barbey

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ŞİİRLER

O AĞAÇ

“İklil’e”

Devleşen gövdesiyle

Yıllar ile konuşan ağacın

Derin yaraları

Kabuk tutmuş.

 

Gri-mavi bulutlara

Uzanmış yemyeşil kolları

Belli ki dünyayı sarmalıyor,

 

Umutla yeniden

Yemyeşil…

 

4 Eylül 2012

Bodrum

 

 

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YENİDEN

“İklil’e”

Uzak

Puslu, mavi deniz

“sessiz” sesleniyor, (çığlık besbelli).

 

Fesleğen, kekik kokuları

Teker teker ayrıştırıyor duyguları,

Aleo Vera’da sessizce

buluşuluyor

 

Kıyıda demirli teknenin

Çağrısına uyulmuş !

 

4 Eylül 2012

Bodrum

 

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İLLE MEMLEKET

Yol uzun

Vakit ise dar,

Her beyaz evin kirecinde

Kan izleri…

Deniz mavi

Göz yaşlarıyla taşmış,

rengi açılmış, taşıyor !

 

Kimsesiz adacıklarda gizlenmiş

özgürlük

sesi yok, yaralı !

Aralanmış mavi bir pencereden

Bakakaldık yarına.

Yol uzun

Vakit dar !

 

4 Eylül 2012

Bodrum

 

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…………

“İklil’e”

 

Çok şiir yazdım ben Halikarnasus’da.

Aşka dair, aşk için çok söz söyledim.

 

Sabahın dinmişliğinde

kekik ve fesleğen ve hatta ada çayı kokularıyla

gözlerim derinlerindeyken ufkun ve parlayan denizin

hiç, ama hiç böyle sevmemiştim.

 

4 Eylül 2012

Bodrum

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